Agir ensemble pour la santé des Bretons

COVID-19 : face au contexte épidémique, les professionnels d’addictologie restent mobilisés

Communiqué de presse
Visuel
La Bretagne est particulièrement concernée par les problématiques addictives ; elle se différencie de la moyenne française par des pratiques plus à risques. Les impacts liés au confinement se manifestent différemment selon les conduites addictives, mais une aide reste possible grâce au réseau associatif, hospitalier et des professionnels de villes.
Corps de texte

Ces derniers se sont en effet adaptés au mieux à cette crise, afin d'assurer une continuité dans l'aide et l’accompagnement des personnes.

Confinement et addictions

Les professionnels de santé ont alerté sur la diminution considérable de la demande de rendez-vous, d’appels ou de venues pour d'autres motifs que la suspicion de coronavirus. Les mesures nécessaires sur le confinement, conduisent de nombreux patients à retarder ou à surseoir au recours aux soins, y compris lorsqu’ils sont atteints de pathologies addictives nécessitant un suivi régulier.

Parallèlement, la fédération nationale addiction a communiqué sur la difficulté à gérer la dépendance dans un contexte de crainte de pénurie. Cette situation d’angoisse du manque est non seulement à calmer en soi pour apaiser le patient mais aussi pour réduire l’intensité des risques de débordements, d’agressivité, de troubles du comportement, de violences, de prise de risques …

Les conditions de confinement à domicile peuvent également favoriser les violences conjugales et intrafamiliales, ainsi que les accidents domestiques, notamment à la faveur d’alcoolisations aiguës.

Chez les personnes souffrant d’affections psychiatriques chroniques, l’interruption du suivi médical peut laisser s’installer des états de décompensation avec un recours accru à l’utilisation d’alcool et de drogues.

Assurer la continuité des prises en charges pendant le confinement

En cette période d’épidémie, l’ensemble des acteurs de santé sont à l’écoute de leurs patients et se sont organisés pour maintenir une offre de soins dans des conditions de sécurité optimale :

  • L’information des patients, le repérage des consommations à risques, l’orientation mais aussi le suivi dans la durée et dans les phases sensibles comme le sevrage, l’accompagnement de l’entourage donnent un rôle central au médecin traitant. Ces professionnels peuvent conseiller par téléphone, proposer une téléconsultation, recevoir les patients suivant des modalités horaires et des conditions permettant de réduire au maximum le risque de contamination. Les patients ne doivent pas hésiter à prendre contact avec le professionnel qui les suit pour connaître les modalités de prise en charge proposées.
  • Les hôpitaux se sont également organisés de façon à mettre en place des secteurs distincts de prises en charge des patients Covid-19, avec des équipes dédiées, afin de pouvoir accueillir toutes les pathologies non liées au Covid-19. L’offre hospitalière en addictologie, présente dans tous les territoires de santé, a parfois été réaménagée au début du confinement, afin de répondre à des besoins locaux, mais poursuit les prises en charge avec un retour à la normale qui s’organise progressivement.
  • L’offre médico-sociale spécifique addictions, composée de quinze centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), poursuit les consultations individuelles médicales, paramédicales et psychologiques et ses activités de soins tant pour les personnes déjà suivies que pour les nouvelles orientations. Des permanences d’accueil téléphonique ont été mises en œuvre, mais aussi des consultations directes et des visites à domicile ont pu être proposées, toujours dans le strict respect des consignes sanitaires. 
  • Les vingt-sept consultations jeunes consommateurs (CJC), rattachées au CSAPA, accompagnent les suivis individuels des jeunes et de leur entourage.
  • Les quatre centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour les usagers de drogues (CAARUD) de St-Brieuc, Brest, Rennes et Lorient, ainsi que leurs antennes de Vannes et Quimper ont maintenu des permanences organisées selon des modalités adaptées au contexte actuel. Un accueil téléphonique a été privilégié et la fourniture du matériel de réduction des risques aux usagers a été assurée y compris par un système de drive ou de livraisons à domicile.

Confinement ou pas confinement, il est essentiel de garder les repères de consommation

Pour éviter de voir s'installer une consommation à risque. Les repères de consommation à moindre risque de santé publique France sont toujours valables et utiles pour évaluer sa consommation, même en période de pandémie. Concernant l’alcool notamment :

  • Maximum 10 verres standard par semaine
  • Maximum 2 verres standard par jour
  • Des jours dans la semaine sans alcool

Pour plus d’informations :