Journée mondiale sans tabac : la protection des jeunes au cœur de l’action

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La Journée mondiale sans tabac est l'occasion pour le ministère de la Santé, en partenariat avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), d'informer et de sensibiliser la population aux effets nocifs et mortels du tabagisme actif et passif. L’édition 2020 s’intéresse plus particulièrement à la protection des jeunes générations « contre les manipulations de l’industrie du tabac. »
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L’intérêt de plus en plus important accordé par l’industrie du tabac aux jeunes, un marché émergent et vulnérable pour ses produits dépendogènes, constitue un problème urgent et un défi pour les responsables de la lutte antitabac de tous les pays.

Selon les données de 2015, on estime que 17 % des jeunes de 15 à 24 ans fument dans le monde. En Europe, 11,5 % des filles et 13,8 % des garçons âgés de 13 à 15 ans sont des consommateurs de tabac. Or, toute personne commençant à fumer avant le début de la vingtaine est non seulement plus susceptible de devenir dépendante, mais peut également s’avérer moins capable de contrôler son tabagisme en vieillissant.

Les jeunes, nouvelle cible de l’industrie du tabac

Cigarettes, chicha, tabac à rouler, cigarettes électroniques… le marché est vaste et le public des jeunes, idéal. En les incitant à fumer dès leur plus jeune âge et en les faisant sous-estimer la toxicité du tabac, les industriels du tabac s’assurent une clientèle durable, et fidèle de par sa dépendance. Pour les séduire, de nouvelles stratégies de marketing et de communication se sont mises en place : produits au design attrayants, multiplication des arômes (chewing-gum, menthe, vanille …), publicité en ligne sur des sites ciblés « jeunes » ou sur les réseaux sociaux, partenariats avec des influenceurs, promotion de produits dits « moins nocifs », etc.

Dans ce contexte, le tabagisme des jeunes représente un véritable enjeu de santé publique et leur protection, un défi pour tous les acteurs de la lutte antitabac.

Tous les ans, à l’occasion de la journée mondiale sans tabac, Santé Publique France publie les données relatives à la consommation de tabac en France :

  • La tendance à la baisse de la consommation se poursuit en France, pour atteindre le niveau le plus bas jamais atteint : en 2019, la part des fumeurs quotidiens en France est de 24% : le premier objectif cible du Programme National de Lutte contre le Tabac (PNLT) est atteint (= soit d’ici 2020, abaisser à moins de 24% la part des fumeurs quotidiens chez les 18-75 ans) ;
  • Pour les 18-24 ans, la baisse se poursuit chez les femmes, mais pas chez les hommes.
    Par ailleurs, la baisse observée l’an dernier chez les plus fragiles (non diplômés, chômeurs) n’est pas retrouvée cette année.
  • A noter également une diminution de la quantité de tabac consommée en moyenne, et une augmentation des tentatives d’arrêt (33,3% des fumeurs quotidiens ont fait une TA en 2019, contre 24,9% en 2018). L’usage des dispositifs de vapotage est stable.
  • 250 000 séjours hospitaliers pour une maladie cardio-vasculaire (MCV) était attribuables au tabagisme, soit 21% de tous les séjours hospitaliers pour une MCV. Un nombre plus élevé chez les hommes (26%) que chez les femmes (14%), et variable selon les tranches d’âge (jusqu’à 41% chez les 35-64 ans !).
  • Les fumeurs adultes sont plus fréquemment des hommes de moins de 55 ans (53,8%), des personnes en situation de précarité socioéconomique, avec une moins bonne santé mentale, ils sont plus souvent consommateurs d’autres substances psychoactives, ils ont moins recours à un médecin généraliste et ils utilisent moins Internet comme source d’informations sur des sujets de santé, par rapport aux non-fumeurs.
Consulter le BEH de Santé Publique France
- journée mondiale sans tabac 2020 -

Le tabagisme est connu pour être un facteur de risque de nombreuses infections respiratoire et pour les aggraver. Dans le cadre de l’épidémie liée au Coronavirus, les travaux de recherche existants semblent indiquer que le risque de maladie grave et de décès est plus élevé chez les fumeurs :

  • la COVID-19 est une maladie infectieuse qui touche principalement les poumons. Le fait de fumer affaiblit donc la fonction pulmonaire, rendant l’organisme moins résistant aux coronavirus et à d’autres agents pathogènes.
  • le tabagisme est aussi un important facteur de risque de maladies non transmissibles comme les maladies cardiovasculaires, le cancer, les affections respiratoires et le diabète, et les personnes souffrant de ces pathologies risquent davantage de développer une maladie grave si elles sont infectées par le virus de la COVID-19.

Point positif cependant : selon les premiers résultats publiés, le tabagisme aurait nettement diminué pendant la période récente de confinement.  

Consulter l'avis du Haut Conseil de la Santé Publique 
relatif au lien entre le tabagisme et la COVID-19

Si vous avez arrêté de fumer, ne relâchez pas vos efforts ! Professionnels de santé et services spécialisés sont toujours mobilisés à vos côtés.

L’arrêt du tabac est bénéfique quel que soit son âge :

  • dans les 20 minutes qui suivent l’arrêt du tabac, la fréquence cardiaque et la pression sanguine retombent ;
  • après 12h, le taux sanguin de monoxyde de carbone redevient normal ;
  • dès 2 à 12 semaines d’arrêt, la circulation sanguine s’améliore et la fonction pulmonaire augmente ;
  • après 1 à 9 mois, la toux et l’essoufflement diminuent ;
  • après 1 an d'arrêt, la respiration est redevenue normale et le risque d'infarctus du myocarde est réduit de moitié ;
  • après 10 ans d'arrêt, le risque de mourir d'un cancer du poumon est réduit de moitié par rapport à celui d'un fumeur ;
  • après 20 ans, le risque est redevenu celui d'un non-fumeur.

Si vous souhaitez arrêter de fumer, plusieurs professionnels peuvent vous accompagner dans votre arrêt et vous proposer un traitement de substitut nicotinique adapté à votre consommation :

  • Les tabacologues de Tabac Info Service au 3989 ou sur www.tabac-info-service.fr ;
  • Votre professionnel de santé (médecin, dentiste, sage-femme, infirmier, Kinésithérapeute) peut vous prescrire des traitements de substitut nicotinique ;
  • Un tabacologue près de chez vous.

Depuis le 1er janvier 2019, avec une ordonnance d’un professionnel de santé, les substituts nicotiniques sont remboursés à 65% par l’Assurance maladie. Certaines mutuelles peuvent compléter tout ou partie du remboursement.