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La légionellose : informations à destination des établissements et professionnels de santé

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En 2016, 19 cas de légionellose domiciliés en Bretagne notifiés (34 cas en 2015), incidence faible par rapport à l’incidence nationale. Ces pneumopathies supposent une exposition aux légionelles, bactéries qui se développent dans les installations à risque comme les réseaux d’eau chaude sanitaire ou les tours aéroréfrigérantes.
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La légionellose est une maladie à déclaration obligatoire.

Chaque signalement par un médecin au CORRSi (Tel : 09 74 50 00 09) donnera lieu à investigations par l’ARS.

Les légionelles sont des bactéries présentes à l’état naturel dans les eaux douces et les sols, où elles sont généralement inoffensives pour l’homme.

En revanche, dans les bâtiments ou les installations industrielles, elles peuvent trouver des conditions favorables à leur prolifération (température comprise entre 25°C et 45°C, eaux stagnantes…). Lorsqu’elles se trouvent en suspension dans l’air associées à des gouttelettes d’eau, elles peuvent être respirées et entraîner des infections de l’appareil respiratoire, sans contamination inter-humaine.

Les installations à risque sont celles qui sont susceptibles de produire des aérosols contaminés : les réseaux d’eau chaude au travers des douches, les circuits des tours aéroréfrigérantes (TAR), les bains à bulles (spa), les brumisateurs ou humidificateurs, les fontaines décoratives …

Prévention

Elle passe par la mise en œuvre d'actions préventives au niveau de la conception, l'entretien et la maintenance des TAR et des installations de production d'eau chaude, basées sur le respect de 3 grands principes :

  • éviter la stagnation et assurer une bonne circulation de l'eau ;
  • lutter contre l'entartrage, la corrosion par une conception et un entretien adapté à la qualité de l'eau et aux caractéristiques de l'installation ;
  • maîtriser la température de l'eau dans les installations.

1- Dans l’habitat individuel

Il est possible d’agir chez soi en :

  • faisant couler l’eau froide et l’eau chaude au moins 1 fois par semaine au niveau des points d’eau qui sont peu utilisés (évier, lavabos, douche, etc.), après chaque période d’absence prolongée, pour tous les points d’eau avant de les réutiliser (notamment la douche) ;
  • surveillant la température de l’eau chaude au domicile : elle doit être très chaude mais pas « bouillante » (au moins 50°C et au plus 60°C au niveau de l’évier de la cuisine) ;
  • procédant régulièrement au détartrage et à la désinfection des embouts de robinetterie (brise-jets, pommeaux de douches, etc.) ;
  • utilisant de l’eau stérile pour les appareils biomédicaux (nettoyage et remplissage des appareils d’oxygénothérapie ou de lutte contre l’apnée du sommeil).

2- Dans les établissements recevant du public

L’arrêté du 1er février 2010 relatif à la surveillance des légionelles dans les installations de production, de stockage et de distribution d’eau chaude sanitaire impose aux responsables d’établissements recevant du public (ERP) et proposant des douches à leurs usagers, de mettre en œuvre une surveillance des installations collectives d’eau chaude sanitaire sur les paramètres température et légionelles.

La circulaire du 27 juillet 2010 mentionne les dispositions sanitaires relatives à l’exploitation des bains à remous à usage collectif et recevant du public, dans le cadre des risques infectieux et notamment de la légionellose.

Inspections et contrôles

Les services Santé-Environnement des ARS mettent en œuvre des inspections  ou des contrôles réguliers afin de prévenir les risques liés aux légionelles dans les établissements de bain, dans les établissements de santé ou accueillant des personnes âgées mais également dans tout ERP fréquenté par un cas de légionellose déclaré.

Les services des Installations classées des DREAL et DDPP assurent les contrôles relevant de l’exploitation des tours aéroréfrigérantes.

En 2016, 1 218 cas de légionellose ont été notifiés en France (1389 cas en 2015). Taux d'incidence en France de 1,8/100 000 habitants; taux d'incidence en Bretagne de 0,6/100 000 habitants.

Legionella pneumophila responsable de 96,5% des cas de légionellose

Dans 95 % des cas, la maladie prend la forme bénigne d’un syndrome pseudo-grippal et guérit spontanément en 2 à 5 jours. Il s’agit de la fièvre de Pontiac.

Dans 5 % des cas, la maladie se traduit par une pneumopathie aiguë grave et qui peut être mortelle (maladie des légionnaires ou légionellose). Les facteurs prédisposants sont l’âge croissant, l’alcoolisme, le tabagisme, l’immunodéficience, les affections respiratoires chroniques.

Les facteurs de risques associés à la maladie sont :

  • l’âge supérieur à 50 ans, l’incidence augmentant avec l’âge,
  • le sexe masculin,
  • le tabagisme,
  • le diabète,
  • les pathologies chroniques cardiaques, pulmonaires ou l’insuffisance rénale,
  • les traitements corticoïdes et immunosuppresseurs, tels les anti-TNF.