Organisation de la prise en charge de la maladie de Lyme et des autres maladies vectorielles à tiques (MVT)

Article
Visuel
Lancé en 2016, le plan national de lutte contre la maladie de Lyme prévoyait l'identification de centres spécialisés de recours adaptés à la complexité de chaque prise en charge de maladie vectorielle à tiques. Dans ce contexte, 5 centres de référence ont été labellisés au niveau national, dont un dans le Grand Ouest, et 4 centres de compétence bretons ont été identifiés en 2019.
Corps de texte

La maladie de Lyme ou "borréliose de Lyme" est la plus fréquente des maladies infectieuses transmise par des tiques en France. Elle est due principalement à une bactérie appelée Borrelia burgdorferi transmise à l’Homme par l’intermédiaire d’une piqûre de tique infectée.

Dans la majorité des cas (60 à 90 %), la forme localisée de la maladie apparaît dans les 3 à 30 jours sous la forme d’une manifestation cutanée typique, l’érythème migrant : après la piqûre, une plaque rouge et ronde, indolore, s’étend en cercle à partir de la zone de piqûre, puis disparaît en quelques semaines à quelques mois. L’évolution est très favorable lorsque la maladie est diagnostiquée et traitée précocement.

En l’absence de traitement antibiotique, notamment lorsque l’érythème migrant est passé inaperçu, des manifestations cliniques disséminées (cutanées, neurologiques ou articulaires) peuvent apparaître à un stade précoce, quelques jours à quelques semaines après la piqûre, ou à un stade tardif, des mois voire des années après la piqûre.

En conséquence, certains de ces patients porteurs d'une symptomatologie complexe peuvent faire l’objet d’errance diagnostique qui peut nuire à leur prise en charge, et in fine à leur qualité de vie. En outre, peu de données objectives concernant ces patients sont actuellement disponibles.

Aussi il était important, d’une part, de pouvoir proposer à ces patients une prise en charge spécialisée par une équipe pluridisciplinaire et pluriprofessionnelle pour une démarche diagnostique et thérapeutique adaptée, et d’autre part de développer la recherche afin notamment de mettre au point des outils courants de diagnostic post-exposition vectorielle, d’anticiper la chronicisation de la maladie, ou encore de mieux comprendre le vécu des patients.

La direction générale de la santé (DGS) a lancé en septembre 2016 le  plan national de lutte contre la maladie de Lyme et les maladies transmissibles par les tiques, en lien avec les agences sanitaires nationales (ANSM, ANSES,…) et les usagers. Ce plan comprend 5 axes stratégiques déclinés en actions.
L’action 9 de l’axe stratégique 3 "Améliorer et uniformiser la prise en charge des malades" prévoyait de désigner des centres spécialisés de prise en charge dans les régions pour un parcours de soins adapté, dans une logique de coordination ville-hôpital accrue.

Cette prise en charge s’articule sur 3 niveaux pour répondre de façon adaptée à chaque situation :

  • 1.    Niveau de proximité :

la prise en charge est assurée en soins de premiers recours par la médecine de ville dont le médecin traitant constitue l’axe essentiel et indispensable de la démarche de diagnostic. Il interagit de manière indispensable avec les autres spécialistes en fonction de chaque prise en charge (ex. dermatologue, infectiologue, rhumatologue, neurologue, gynécologue-obstétricien, pédiatre)

  • 2.    Niveau de recours régional :

la prise en charge est assurée par les centres de compétence hospitaliers pour les "cas complexes" de Maladies Vectorielles à Tiques (CCMVT). Ces derniers collaborent étroitement avec la communauté médicale de proximité. Ils accueillent les patients présentant des symptômes attribués à une maladie de Lyme ou autre maladie transmise par les tiques, dont la prise en charge diagnostique (confirmation biologique) et thérapeutique n’a pas permis d’obtenir de résultats satisfaisants.

  • 3.    Niveau de recours interrégional :

la prise en charge est assurée par les centres de référence hospitaliers. Les CRMVT organisent et mettent en œuvre la recherche clinique et des formations, apportent leur expertise aux CCMVT de leur territoire et organisent la prise en charge des "cas très complexes". Les CRMVT ont la mission d’animer le réseau des CCMTV. Ils  ont une attraction interrégionale et sont au nombre de cinq au niveau national. La décision de labellisation (reconnaissance) des CRMVT est prise par le ministère chargé de la santé. La labellisation est valable cinq ans.

Le CHU de Rennes fait partie des 5 Centres de référence interrégionaux labellisés par le Ministère de la Santé. Au-delà des centres de compétences bretons cités plus bas, lui seront également rattachés des centres de compétences des régions Pays de la Loire, Normandie, Centre Val de Loire, et ancien Poitou-Charentes.

Etablissement Coordinateur médical Contact

CHU de Rennes
2, rue Henri Le Guilloux
35000 Rennes

Pr Pierre Tattevin
Service Service des maladies infectieuses et réanimation médicale/Pôle médecines spécialisées / INSERM U835
Président de la Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF)
Président du Groupe d'Etudes et de Recherche en Infectiologie du Centre et de l'Ouest (GERICCO)

[email protected]
Secrétariat du service : 02.99.28.95 64

Les 4 autres centres de références sont le CHU de Strasbourg associé au CHU de Nancy, le CHU de Clermont-Ferrand, le CHU de Marseille, le Groupe hospitalier intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges associé au CHU de Créteil.

Chaque centre de compétence hospitalier pour la prise en charge des Maladies Vectorielles à Tiques (CCMVT) est porté par un établissement de santé qui regroupe des compétences pluridisciplinaires, notamment infectiologue, neurologue, rhumatologue, dermatologue, interniste, spécialiste de la douleur, microbiologiste...

Le centre s’organise autour d’une équipe médicale hospitalière spécialisée. Il est doté d’une organisation et des équipements permettant l’accueil et la prise en charge des patients (ex. Réunions de concertation pluridisciplinaires, créneaux de consultation dédiés, créneau d’hospitalisation de jour ou de semaine...).

Le CCMVT devra mettre en œuvre des actions d’information des professionnels de santé et des patients, et participer à des travaux en articulation avec les CCMVT et le CRMVT (élaboration d’outils communs, actions d’enseignement, rapport d’activité, …).

La liste initiale établie par l’ARS Bretagne pourra être actualisée en tant que de besoin.

Liste de Centres de Compétence hospitaliers bretons de lutte contre les maladies vectorielles à tique (CCMVT)
Etablissement Référent médical Contact
CHU de Brest
2, avenue Foch
29609 Brest cedex
Dr Pierre GAZEAU
Service de Maladies Infectieuses (site de la Cavale Blanche)
02.30.33.76.74/[email protected]
Centre hospitalier intercommunal de Cornouaille (Quimper)
14 bis avenue Yves Thépot
29107 Quimper cedex
Dr Nadia SAIDANI
Service de Médecine interne, maladie du sang et infectiologie
02.98.52.66.76/[email protected]
Centre Hospitalier Bretagne Atlantique (Vannes)
20, bd Gl Maurice Guillaudot
56017 Vannes
Dr Marie GOUSSET
Service de Médecine interne, maladie du sang et infectiologie
Secrétariat consultations externes :
02.97.01.41.45
[email protected]
Groupe Hospitalier Bretagne Sud (Lorient – Site du Scorff)
5 avenue de Choiseul
56322 Lorient
Dr Aurélien LORLEAC’H Service maladies infectieuses 02.97.06.74.71 /[email protected]
Secrétariat : 02.97.06.74.38