Alcool

Article
© Pexels - ROMAN ODINTSOV

L’alcool constitue un problème de santé publique majeur en France en raison de son poids sanitaire, social et économique. Il demeure la deuxième cause de mortalité évitable par cancer et la première cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 30 ans, notamment en raison des accidents et des comportements à risque.

La consommation d'alcool est impliquée dans 40% des violences intrafamiliales, 50% des violences sexistes et sexuelles en milieu étudiant et représente la première cause non génétique de handicap mental à la naissance. 
Elle est à l’origine de 41 000 décès chaque année et concerne environ 5 millions de consommateurs. Son coût social est estimé à 102 milliards d’euros. 

La consommation d’alcool, une habitude bretonne bien ancrée...

En Bretagne, la proportion d’adultes de 18 à 79 ans dépassant les repères de consommation à moindre risque est supérieure à la moyenne nationale (28.2 % versus 27 %-Baromètre santé 2025). Ces dépassements touchent davantage les hommes que les femmes (36 % et 18%). Toutefois, les bretonnes apparaissent en tête de liste du classement des régions et les hommes en second, derrière les Pays de la Loire :

L’usage quotidien d’alcool, bien qu’ayant connu une baisse régulière depuis 2005, figure également supérieur en bretagne, autant pour les adultes (8.7 % versus 7 % -EROPP 2023) que pour les jeunes bretons (8.6 % versus 7.2 % -Escapad 2022) :

La Bretagne, se distingue aussi sur le "binge drinking" ou API (Alcoolisations Ponctuelles importantes2). Elle est la seule région ayant une prévalence des API mensuelles significativement supérieure à la moyenne nationale (20,5 % versus 16,2 %-ERPP 2023), notamment chez les jeunes bretons (17.9 % versus 13.6% -Escapad 2022)

La tradition festive de la Bretagne est souvent mentionnée comme un facteur favorisant les consommations.

 Repères de conso à moindre risque (au cours des 7 derniers jours) : 10 verres d'alcool standard par semaine maximum, sans dépasser 2 verres standard par jour (22,2 % des adultes en France).

API : au moins 6 verres en une seule fois au cours du mois (ou 5 verres à 17 ans).

L'impact sanitaire sur le système de santé

La Bretagne est parmi les 3 régions qui enregistrent le plus haut taux d’hospitalisation pour des troubles liés à l’usage de l’alcool. Des comorbidités sont associées à cette consommation (cancers, maladies cardio respiratoires, troubles neurologiques et cognitifs…) supérieures en Bretagne (ref. Laure Meurice, Santé publique France Nouvelle-Aquitaine, 2012-2022)

La prévalence des troubles causés par l’alcoolisation fœtale (TCAF) est également supérieure au national. La consommation d’alcool pendant la grossesse peut générer des atteintes cérébrales, dont la forme la plus sévère est le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) engendrant chez les enfants retards de croissance, troubles du développement neurologique (difficultés d’apprentissage, de l’attention, du comportement, etc.).

(cliquer sur les images pour accéder aux affiches)

Le nombre des séjours pour alcoolisation aiguë et pour complications confirme l’intérêt d’aborder la question de l’alcool le plus précocement possible et, lors de chaque séjour, de façon à espérer limiter à terme ces complications et les réhospitalisassions qu’elles entraînent. Dans cette optique, le lancement de la phase pilote de la démarche « Réflexe Prévention » -adaptation française de l’approche Making Every Contact Count (MECC)- vise à intégrer durablement la prévention primaire dans les pratiques de soins des établissements de santé, en faisant de chaque contact avec un patient une opportunité de prévention. 

Dans le cadre de cette phase pilote, un Appel à Manifestation d’Intérêt a été lancé en août 2026 pour inviter les établissements bretons volontaires à développer le repérage précoce des consommations de tabac, d’alcool et de cannabis, à mettre en œuvre des interventions très brèves ou brèves adaptées aux situations rencontrées, à orienter les patients vers les ressources appropriées et à assurer la traçabilité de ces actions dans le dossier patient informatisé.