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Le saturnisme

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Le saturnisme
Le saturnisme correspond à une imprégnation excessive des individus, en particulier des enfants, au plomb. Cette substance est toxique pour l’organisme, même à faible concentration. Chez les enfants, une imprégnation correspondant à 50 µg de plomb par litre de sang entraine une déclaration obligatoire du cas, ainsi que des mesures d’intervention pour réduire l’exposition
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Chaque signalement de saturnisme par un médecin au CORRSi  (Tel : 09 74 50 00 09) donne lieu à des investigations  par les services de l’ARS ou des SCHS (médecin et pôle santé-environnement ou SCHS)

 (CORRSI : Centre opérationnel de réception et de régulation des signaux).

Les effets nocifs du plomb sur la santé sont corrélés à l’importance de l’imprégnation dans l’organisme. Toutefois, il est aujourd’hui établi que le plomb est toxique pour les enfants, les femmes enceintes et les adultes, même à de faibles concentrations.

  • Chez le jeune enfant, l’effet le plus préoccupant d’une intoxication au plomb est la diminution des performances cognitives et sensorimotrices. Une plombémie de 12μg/L est associée à la perte d’un point de QI, et de nombreuses études épidémiologiques ont montré une association entre la concentration de plomb dans le sang et les performances à l’âge scolaire. Dès les faibles concentrations, le plomb altère également le développement staturo-pondéral et sexuel du jeune enfant, son comportement et l’acuité auditive.
  • Chez la femme enceinte, le plomb altère le développement fœtal et le déroulement de la grossesse.
  • Chez les adolescents et les adultes, il augmente les risques de maladie rénale chronique et d’hypertension artérielle, altère la qualité du sperme et diminue la fertilité masculine (INSERM).

L’intoxication au plomb est le plus souvent silencieuse. Des signes cliniques peuvent se manifester, mais ils sont peu spécifiques : troubles digestifs vagues (anorexie, douleurs abdominales récurrentes, constipation, vomissements), troubles du comportement (apathie ou irritabilité, hyperactivité), troubles de l'attention et du sommeil, mauvais développement psychomoteur, pâleur en rapport avec une anémie.

Le diagnostic de l’intoxication au plomb ne peut être établi que par un dosage de la plombémie (mesure de la concentration de plomb dans le sang), prescrit aux individus présentant des facteurs de risque. Les médecins disposent de questionnaires permettant de faciliter ce dépistage (INSERM).

Les sources principales sont :

  • Les poussières et débris de peinture des habitations construites avant 1975 (et surtout celles datant d’avant 1949), .
  • La fréquentation régulière d’un site industriel rejetant ou ayant rejeté du plomb dans les sols et dans l’air,
  • L’eau du robinet contaminée par des canalisations en plomb (installations privées),
  • Une activité professionnelle ou de loisir exposant au plomb : restauration de vitraux, travail dans une fonderie, fabrication de céramiques ou d’objets émaillés, fabrication de munitions ou d’objets en plomb,
  • L’alimentation, via la contamination des sols et de l’air par le plomb. Sont en particulier concernés les aliments qui proviennent de pays utilisant encore de l’essence au plomb (ce qui n’est pas le cas de la France),
  • L’utilisation de vaisselles artisanales ou cosmétiques traditionnels (notamment le khôl) contenant du plomb.

Certaines sources d’exposition sont spécifiques aux enfants :

  • Un stock élevé de plomb à la naissance, hérité de la mère au cours de la grossesse.
  • L’ingestion d’écailles de peinture et de poussières contaminées via le portage mains-bouche.
  • Une arrivée récente en France évoquant une exposition possible dans le pays d’origine.

Seuls les rares cas de contamination importante (plus de 450 µg/l de sang) font l’objet d’un  traitement dit « chélateur » en milieu hospitalier. En dehors de cette situation, la réduction de la plombémie passe par la suppression de la source d’exposition.

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