2013 : Télémédecine : enjeux, apports, limites

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Déebat public CRSA 2013 - télémédecine
Grâce aux évolutions technologiques qui offrent de nouvelles opportunités, nous assistons, dans de nombreux pays, au développement de la télémédecine.

En Bretagne, nous avons la perspective d’un réseau pérenne très haut débit, à fibre optique, accessible à tous dans tous les lieux bretons.
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La télémédecine, nouveau mode d’exercice de la médecine, est définie par quatre actes :

  • la téléconsultation qui permet à un professionnel médical de donner une consultation à distance à un patient ;
  • la téléexpertise qui permet à un professionnel médical de solliciter à distance l'avis d'un ou de plusieurs professionnels médicaux ;
  • la télésurveillance médicale qui permet à un professionnel médical d'interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical d'un patient ;
  • la téléassistance médicale qui permet à un professionnel médical d'assister à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d'un acte.

Il existe un grand intérêt au développement de la télémédecine pour les malades, leurs proches, pour les professionnels médicaux et paramédicaux. 

Malgré les caractéristiques positives de ces développements, la télémédecine suscite de nombreuses questions et mérite de maintenir des points de vigilance permanente. Elle est un plus médical et territorial mais ne doit pas venir pallier la réduction éventuelle de l’offre de soins en Bretagne.

Se posent entre autres les questions de partage de responsabilités, de propriété et de sécurisation des données ; d’utilisation abusive de la télé-interprétation. Le développement de la télémédecine ne doit se réaliser que dans la visée des bénéfices pour les patients et de leurs proches : amélioration des diagnostics, des suivis, des délais de prises en charge, de la qualité de prise en charge. Elle est un outil au service de la prise en charge des patients ; c’est un moyen et non une finalité. Une instance pérenne régionale composée de représentants d'usagers et de professionnels de santé doit porter sur l’éthique, les pratiques, les programmes de formation spécifique, les procédures, les installations et leur maintenance, les sécurités, l’archivage. La CRSA Bretagne a formulé un certain nombre de recommandations en ce sens.

Animé par la journaliste Anne Bergogne, il a dans un premier temps été l’occasion de dresser l’état des lieux des projets télémédecine en Bretagne ; Anne-Briac Bili, en charge de ces questions à l’ARS, s’est pliée à l’exercice. Cette présentation a pu s’appuyer sur les témoignages des Dr Mansourati et Sonnet, spécialistes en télé-cardiologie et télé-dialyse au CHU de Brest, et sur ceux de deux représentants d’usagers : Isabelle Stephant et Jean-Claude Talarmain.

La télémédecine : des idées forces pour la santé de demain

La parole a ensuite été laissée au public qui a fait part de son vif intérêt pour cette thématique tout en mettant en exergue quelques points de vigilance. Plusieurs idées forces se sont dégagées :

  • Sur la protection informatique des données médicales.

Il s’agit d’un problème qui dépasse le simple cadre du contrat de confiance passé entre le patient et le médecin. Se pose en effet la question plus globale de la sécurisation des systèmes d’information (notamment dans le domaine libéral) à l’heure ou les données des individus, quelles qu’elles soient, constituent un bien éminemment stratégique et très convoité par certaines sociétés privées en quête de profit. Cette problématique mériterait un travail plus approfondi au sein de la CRSA.

  • Sur le sens à donner à la télémédecine.

La télémédecine n’a pas vocation à remplacer la relation médecin-patient ; elle n’est pas une finalité mais un moyen. Lorsque cela est nécessaire, elle peut compléter une action, faciliter un accès aux soins et améliorer la prise en charge des patients – ceux-ci devant demeurer acteurs de leur santé.

  • Sur l’opportunité que représente la télémédecine en matière de bien-être.

Au-delà de l’intérêt de ce dispositif dans le cadre du suivi d’une pathologie, il est important de souligner la plus-value en termes d’amélioration de la qualité de vie des patients pour qui les déplacements sont souvent synonymes de contraintes.

  • Sur le financement des actes de télémédecine.

Il y a des attentes fortes des professionnels de santé concernant le financement des actes de télémédecine, qui à l’heure actuelle ne sont pas remboursés en tant que tels. Il semble, cependant, que l’on progresse dans cette voie.

  • Sur le financement des projets de télémédecine.

L’ARS finance, via un appel à projets, au moins un grand projet de télémédecine sur chaque territoire de santé breton. Les établissements sanitaires et médico-sociaux qui souhaitent participer à un programme de télémédecine sont donc appelés à monter un projet commun ou à se greffer à un projet existant. Plusieurs problèmes se posent : 1. La difficulté d’association des domaines public et libéral dans la mise en œuvre des projets. 2. Les projets financés apportent des réponses dans l’amélioration du suivi d’une pathologie bien particulière…quid des besoins en EHPAD qui relèvent souvent de la polypathologie ?

Les débats de Lorent et Saint-Brieuc étaient structurés en deux temps : une première partie sous forme de table-ronde à laquelle ont pris part des intervenants représentatifs des différents types d’acteurs impliqués sur cette thématique, et une seconde partie au cours de laquelle le public a pu prendre la parole et poser ses questions aux intervenants.

Comme à Brest, les échanges avec la salle ont mis en exergue tour à tour les opportunités offertes par la télémédecine et les risques liés à son développement. La majorité des participants s’est accordée sur les avantages des nouvelles technologies dans l’amélioration de la prise en charge du patient, notamment dans les situations d’urgence mais aussi dans tous les cas où elles permettent d’éviter un déplacement souvent coûteux et/ou générateur de stress (personnes âgées, territoires insulaires…etc).

Certaines voix se sont élevées pour rappeler que la télémédecine ne peut et ne doit en aucun cas remplacer le médecin et qu’elle doit demeurer un outil d’accompagnement. Enfin, plusieurs participants ont souhaité exprimer leurs inquiétudes sur les questions de la protection des données médicales ou du consentement libre et éclairé du patient.

Un film sur la téléimagerie et le projet "RUBIS »  a été projeté lors des débats publics. Le projet RUBIS, mis en œuvre par le GCS Réseau Télésanté Bretagne , consiste à doter la Région Bretagne d'un réseau de téléimagerie médical.

Cette vidéo illustre le rôle du GCS-RTB et donne la parole à des radiologues et des spécialistes utilisateurs de ce réseau de téléimagerie :

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