Agir ensemble pour la santé des Bretons

La qualité des eaux de baignade en Bretagne

Article
Visuel
Baignade
La qualité des eaux de baignade est une préoccupation essentielle en matière de santé publique. En partenariat avec les collectivités, l’Agence régionale de santé Bretagne assure chaque année la surveillance sanitaire de l’ensemble des zones de baignade recensées sur le littoral et sur les plans d’eau intérieurs de la région.
Corps de texte

Ce suivi permet de prévenir et d’éviter l’exposition des baigneurs à une eau pouvant présenter des risques sanitaires.

Parmi les 591 baignades contrôlées en Bretagne en 2016,  98%, présentent une eau répondant aux exigences de qualité en vigueur.

A l’issue de la saison 2016, 12 sites sont classés en qualité insuffisante. Il s’agit exclusivement de baignades en mer :

  • Finistère :
  • Ris (Douarnenez)
  • Barrachou et Croix (Guisseny)
  • Château et Gwisselier (Landunvez)
  • Moulin Blanc (le Relecq-Kerhuon)
  • Kerdeniel et Treompan (Ploudalmézeau)
  • Guillec (Plougoulm)
  • Mazou (Porspoder)
  • Theven (Santec)
  • Morbihan :
  • Cromenac’h (Ambon)

Tous ces sites sont concernés par un programme d’actions visant la résorption des sources de contamination.

Organisation générale du contrôle

En Bretagne, le contrôle de la qualité des eaux de baignade s’effectue globalement du 15 juin au 15 septembre ; en moyenne, chaque site est ainsi contrôlé 8 fois au cours de la saison.

Le contrôle de la qualité des eaux de baignade est une obligation communautaire depuis 1976, aujourd’hui réglementé par la directive 2006/7/CE. Il porte sur l’ensemble des sites de baignade en mer et en eau douce où la baignade n’est pas interdite en permanence et pour lesquels la fréquentation est importante.

Le contrôle des eaux de baignade est essentiellement un contrôle de leur qualité microbiologique, déterminée au travers des 2 indicateurs bactériens réglementés : Escherichia coli et les entérocoques intestinaux. Leur présence dans les eaux peut-être associée à celle de germes pathogènes plus dangereux. Le risque infectieux associé à la baignade dans une eau de mauvaise qualité microbiologique se traduit principalement par des gastro-entérites, des otites, des dermatites. Des risques microbiologiques particuliers existent également en eau douce, tels que la leptospirose par exemple. 

L’ensemble des analyses sont réalisées par des laboratoires agréés par le ministère en charge de la santé. Les collectivités ont la responsabilité d’afficher sur site les résultats de la qualité des eaux.

Chaque année, avant le démarrage de la saison estivale, un support d'information grand public « Allez à l’Eau » valorisant les résultats de la saison précédente est diffusé par l’ARS Bretagne auprès des collectivités, des offices de tourisme et de nombreux professionnels du tourisme de la région.

Appréciation de la qualité des eaux de baignade

Au cours de la saison balnéaire, les résultats d’analyse des prélèvements sont comparés à des valeurs seuils permettant d’apprécier la qualité microbiologique de l’eau de baignade. En cas d’épisode de contamination, l’ARS et les collectivités évaluent le risque sanitaire pour la population et déterminent les mesures de gestion adéquates, en particulier l’opportunité d’interdire temporairement la baignade.  

A l’issue de chaque saison estivale, une évaluation globale de la qualité des eaux est réalisée à partir de l’ensemble des résultats obtenus lors de la saison écoulée et des trois saisons précédentes. L’eau de baignade est classée en qualité excellente, bonne, suffisante ou insuffisante. Les eaux de baignade doivent atteindre au moins la qualité suffisante pour satisfaire à l’objectif de qualité européen.    

Les profils de baignade

Conformément aux dispositions de la directive 2006/7/CE, une étude diagnostic - le profil de baignade - doit être réalisée sur chaque site déclaré afin d’identifier l’origine des contaminations, les situations à risque et leurs modalités de gestion et, enfin et surtout, les actions et travaux à engager pour améliorer la qualité de l’eau de baignade. Au 31/12/2015, 96.3% des profils de baignade ont été réalisés en Bretagne. Ces études seront révisées périodiquement en fonction de la qualité de l’eau et de son évolution.

Depuis l’année 2004, les baignades en eau douce bretonnes bénéficient d’une surveillance complémentaire des cyanobactéries. En effet, le développement croissant des phénomènes de prolifération par ces microalgues a conduit les autorités sanitaires à mettre en œuvre une surveillance et des modalités de prévention et gestion des risques sanitaires spécifiques.

L’état des lieux des proliférations de cyanobactéries en Bretagne en 2015

Le suivi mis en œuvre par l’ARS Bretagne en 2016 a porté sur 26 plans d’eau et cours d’eau, exposés à des proliférations algales.

Deux-tiers des sites de baignade en eau douce contrôlés ont connu un au moins un épisode de prolifération algale importante, nécessitant une interdiction ou restriction temporaire des usages pratiqués (baignade, activités, nautiques, consommation de poissons de pêche).   

Un tiers des sites ont connu des épisodes de prolifération intense pendant au moins 3 semaines consécutives. Parmi les plans d’eau les plus impactés, on peut citer les étangs de Lannorgant (Plouvorn, 29), Chénedet (Landéan, 35), Apigné (Rennes, 35), Ise (Brie, 35), la Chapelle-Erbrée (35), le Beauché (Carentoir, 56) et le lac au Duc (Taupont, 56). 

Les risques sanitaires liés aux cyanobactéries

Les proliférations de cyanobactéries peuvent être associées à la libération de toxines dans l’eau, susceptibles de provoquer des troubles de la santé pour les baigneurs, les pratiquants d’activités nautiques mais aussi les pêcheurs amateurs de poissons.

En fonction de leur mode d’action, les cyanotoxines sont classées en trois groupes :

  1. hépatotoxines (les plus fréquemment rencontrées lors des proliférations), dont l’organe cible principal est le foie ;
  2. neurotoxines dont l’organe cible est le système nerveux ;
  3. dermatotoxines, irritantes pour la peau et les muqueuses.

En France, jusqu’à présent, aucun cas d’intoxication humaine par les cyanotoxines n’a été rapporté. En revanche, plusieurs cas de mortalités animales (chiens, poissons) ont été attribués aux cyanotoxines ce qui justifie la grande vigilance des autorités sanitaires sur ces phénomènes.     

Les modalités de surveillance et mesures de gestion des risques

Les modalités de suivi, d’évaluation et de gestion des risques sanitaires liés aux cyanobactéries ne sont pas précisément réglementées, ni par le droit communautaire, ni par le droit français. Elles reposent sur des instructions annuelles de la Direction Générale de la Santé, elles-mêmes établies sur la base d’avis et recommandations sanitaires antérieurs (Organisation Mondiale de la Santé, Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France).

La surveillance spécifique des cyanobactéries sur les baignades intérieures s’effectue globalement du 15 juin au 15 septembre. Les modalités de suivi et de gestion des risques sanitaires reposent sur deux indicateurs :

  1. la quantité de cellules de cyanobactéries, qui permet de caractériser l’ampleur de la prolifération algale ;
  2. la quantité de cyanotoxines : les concentrations en toxines éventuellement mesurées dans le milieu sont comparées à des valeurs seuils sanitaires.

En fonction des résultats de ces 2 paramètres, des mesures de limitation ou d’interdiction de la baignade, des activités nautiques à risque (activités d’initiation, planche à voile, …) et de la consommation de poissons par les pêcheurs de loisir peuvent être arrêtées sur les plans d’eau à risque.

Selon les années, des arrivages de méduses plus ou moins conséquents peuvent se manifester sur les côtes bretonnes. La présence de méduses en quantités importantes dans l’eau peut rendre la baignade inconfortable. Certaines espèces peuvent occasionner des démangeaisons ou brûlures cutanées douloureuses, voire être dangereuses pour la santé des baigneurs.

En savoir plus

 

Le littoral breton est parfois concerné par des épisodes de prolifération phytoplanctonique survenant généralement au printemps et à l'été et pouvant se manifester par des phénomènes d'eaux colorées. Ces efflorescences, parfois spectaculaires mais souvent très fugaces, ne présentent en général pas de risques pour les baigneurs ou les consommateurs de coquillages.

En savoir plus

L’identification des phénomènes « d’eaux colorées », peut être signalée auprès de l’Ifremer dans le cadre du projet de sciences participatives Phenomer