Dépistage du cancer du poumon : la Bretagne rejoint le programme pilote IMPULSION

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Le programme est porté par l’Institut national du cancer (INCa), l’AP-HP et les Hospices Civils de Lyon, avec le soutien des Agences régionales de santé (ARS). Il vise à préparer la mise en place d’un futur dépistage national associant scanner thoracique à faible dose et accompagnement au sevrage tabagique.

Le cancer du poumon demeure aujourd’hui la première cause de mortalité par cancer en France. Chaque année, près de 53 000 nouveaux cas sont diagnostiqués et plus de 30 000 personnes décèdent de cette maladie. Face à cet enjeu majeur de santé publique, le programme de recherche IMPULSION marque une étape dans la perspective d’un futur dépistage organisé du cancer du poumon à l’échelle nationale.

Porté par un consortium national, ce programme pilote vise à évaluer, en conditions réelles, les modalités les plus efficaces et les plus sûres d’un dépistage organisé à grande échelle.

Un enjeu de santé publique majeur

Le cancer du poumon est souvent diagnostiqué tardivement. Dans près de 73 % des cas, la maladie est détectée à un stade avancé, lorsque les possibilités thérapeutiques sont plus limitées. Pourtant, lorsqu’il est identifié précocement, un dépistage par scanner thoracique à faible dose permettrait de réduire de 20 à 25 % la mortalité liée à ce cancer. En France, environ 13 000 décès pourraient être évités en cinq ans grâce à un programme de dépistage organisé.

Le programme IMPULSION : préparer un futur dépistage national

Le programme IMPULSION (IMPlémentation du dépistage du cancer PULmonaire en populatION) s’inscrit dans la stratégie décennale de lutte contre les cancers portée par l’Institut national du cancer (INCa).

L’objectif du programme est double : améliorer le diagnostic précoce du cancer du poumon et définir les conditions de mise en œuvre d’un futur programme national de dépistage.

Ce programme pilote prévoit l’inclusion de 20 000 volontaires sur l’ensemble du territoire. Il bénéficie d’un financement de 6 millions d’euros de l’Institut national du cancer, avec le soutien de la Direction générale de la santé et des Agences régionales de santé qui le déploie en région. 

Dépistage du cancer du poumon

Qui peut participer ?

Le dépistage du cancer du poumon est destiné aux personnes présentant un risque élevé de développer cette maladie.

Les personnes pouvant participer doivent respecter les critères suivants :

  • être âgé de 50 à 74 ans
  • être fumeur ou ancien fumeur ayant arrêté depuis moins de 15 ans
  • avoir une consommation cumulée de tabac correspondant à au moins 20 paquets années (un paquet année correspond à la consommation d’un paquet de 20 cigarettes par jour pendant un an ou deux paquets par jour pendant 6 mois) OU plus de 15 cigarettes (ou équivalent) par jour pendant plus de 25 ans OU plus de 10 cigarettes (ou équivalent) par jour pendant plus de 30 ans.

La consommation de cigarettes roulées, de cigarillos, de cigares, fumer ou avoir fumé la pipe ou la chicha sont également à prendre en compte.

Le repérage d'une personne potentiellement éligible peut être réalisé par un médecin généraliste ou tout autre professionnel de santé. Elle peut également se porter volontaire directement sur le site Impulsion - Dépistage Cancer du Poumon | Programme de Préventionou en contactant le centre d’appels au 3433.

Comment se déroule le parcours "IMPULSION" ?

Le parcours débute par une consultation avec un médecin investigateur pour vérifier l’éligibilité, informer la personne sur les modalités pratiques du dépistage et recueillir son consentement.

IMPULSION repose ensuite sur deux volets :

  • Le scanner thoracique à faible dose : rapide et sans injection, il permet de détecter précocement des lésions.

(Selon les résultats du scanner, l’accompagnement est adapté. Si aucun signe suspect n’est détecté, un nouveau contrôle est programmé ultérieurement. En revanche, en cas d’anomalie, une surveillance rapprochée est mise en place, avec des examens complémentaires et une orientation rapide vers une équipe spécialisée en cas de suspicion de cancer.)

  • L’accompagnement systématique au sevrage tabagique, facteur de prévention majeur.

Le scanner thoracique à faible dose

Les participants au programme réalisent deux scanners thoraciques à faible dose à un an d’intervalle puis tous les deux ans. Selon le résultat du 1er scanner, le deuxième scanner sera réalisé dans un délai plus proche. D’une durée totale de moins de 10 minutes, il ne nécessite pas d’injection. Un premier radiologue analyse les images du scanner. Elles sont ensuite relues par un autre radiologue et par un système d’intelligence artificielle. Cet examen est pris en charge à 100 % par les régimes d’assurance maladie.

Si un cancer est diagnostiqué, la personne est orientée vers une équipe pluridisciplinaire pour une prise en soins incluant un soutien psychologique.

La consultation d'aide à l'arrêt du tabac

Les participants peuvent bénéficier de consultations d’aide à l’arrêt du tabac. Soit le médecin dépisteur est formé et peut engager le sevrage tabagique, soit il n’est pas formé et dirige le patient vers un tabacologue. Le sevrage tabagique augmente l’efficacité du dépistage. Des études internationales ont démontré que combiner le dépistage à l’arrêt du tabac réduit de 38 % le risque de décès par cancer du poumon.

Le scanner à faible dose est réalisé dans un centre d’examen agréé. En Bretagne, 7 centres de radiologie sont habilités à réaliser les scanners thoraciques et ouvriront progressivement au cours de l'étude : à Brest, Lannion, Lorient, Quimper, Rennes, Saint-Brieuc et Vannes.

 

Retrouvez la liste sur le site depistage-cancer-poumon.fr ou en appelant le numéro national 34 33